Pour une entreprise, choisir une FTTH plutôt qu’une FTTO pour économiser 2000€/an, est-il un bon calcul ?

LA FIABILITÉ DE LA FTTH EN QUESTION

Si nous écrivons sur le sujet aujourd’hui c’est qu’il y a bien un SUJET FTTH. C’est un constat, les projets de déploiements sont plus aléatoires (délais, succès…) et même une fois raccordées et en production, des incidents sur ces liens peuvent survenir. Ce n’est pas non plus une généralité. Nous avons beaucoup de clients très satisfaits de leur lien FTTH mais il existe un risque de défaillances ponctuelles qui ne sont quasiment jamais de notre ressort. Nous les subissons et nos clients également, par ricochets.

On relève 3 types de défaillances qui ont chacune leurs causes :

  • Le raccordement FTTH difficile

Pour se raccorder au réseau FTTH, on s’appuie sur des infrastructures existantes pré-installées par les opérateurs d’infrastructure (OI) : NRO = Nœud de Raccordement Optique, PMO = Point de Mutualisation Optique et PBO = Point de Branchement Optique. Au niveau de ces PBO, l'OI prévoit le nombre de prises nécessaires en fonction du nombre de logements, d’entreprises présents dans la zone au moment de l’étude. 3 difficultés se posent : 

  1. Entre l’étude initiale et le moment où vous avez besoin de vous raccorder, le nombre de prises nécessaires peut avoir changé parce qu'un immeuble se construit, des locaux se divisent... Donc de 10 prises nécessaires au moment de l’étude, 6 mois plus tard plus tard, c’est peut-être 12 prises qu'il faudrait. Le problème c'est que rajouter ces 2 prises peut prendre beaucoup de temps. 

  2. L’enregistrement des prises de raccordement et l’association avec les locaux auxquelles elles sont destinées peuvent également comporter des erreurs dans les bases de données de l’ARCEP et des grands opérateurs. Pourtant, c'est sur ces bases de données que l'on réalise nos études d’éligibilité. Il arrive ainsi que l’on soit confronté à une mauvaise surprise, une fois le technicien sur le terrain, pour réaliser le raccordement. Il s’aperçoit qu’il n’y a pas de prise de libre ou que celle-ci est trop éloignée du local à raccorder. Parfois, on trouve des solutions et d’autres non. Dans tous les cas, le client subit un contre-temps.

  3. Lorsque ça ne se passe pas comme prévu, on se confronte à une deuxième difficulté liée à l’organisation de la filière du raccordement. Les grands opérateurs commerciaux, sur lesquels nous nous reposons pour fournir des liens à nos clients, sous-traitent les raccordements à d’autres sociétés qui elles-mêmes sous-traitent, qui elles-mêmes sous-traitent… Il arrive qu’on arrive à 4 niveaux de sous-traitance. C’est ce qu’on appelle dans le métier, le mode STOC (Sous-Traitance des Opérateurs Commerciaux). Cette organisation est le résultat de la pression imposée par le Plan Très Haut Débit qui prévoit 99% des locaux du territoire éligible à la fibre en 2025 et 100% raccordés en 2030 du fait du démantèlement du réseau cuivre. En bout de chaîne, on est ainsi confrontés à des techniciens qui doivent aller vite pour remplir leur planning afin qu’eux (beaucoup sont sous le régime de la micro-entreprise) ou leur société dégage un minimum de rentabilité. Conséquences : Défauts de présentation aux rendez-vous, peu de prise d’initiative, conclusion hâtive de raccordement impossible…

2)  Le débit qui faiblit fortement, trop fortement !

Cela s’explique par la forme même de la FTTH. A la base, cette fibre est réservée aux particuliers et son réseau est construit sur le principe de la mutualisation. Ainsi, les opérateurs dimensionnent un débit donné qu’ils attribuent à un PMO et ce débit est ensuite partagé entre les différents abonnés raccordés à ce PMO. Il arrive ainsi que la boucle locale subisse une saturation du fait de trop grandes sollicitations simultanées des abonnés. Conséquences, le débit peut tomber très très bas et la latence augmenter assez fortement au point de mettre en difficulté l’activité des professionnels et entreprises logées à la même enseigne que les particuliers qui partagent le PMO. 

3) La coupure complète de la connexion qui dure plus ou moins longtemps

On l’a expliqué dans les problèmes liés au raccordement, les techniciens doivent aller très vite pour que leur activité reste rentable. Cette pression entraine parfois des dérives :

  • Des fils désordonnés et emmêlés dans les PMO rendant les interventions difficiles et risquées.
  • Des armoires impossibles à refermer ou laissées ouvertes, par négligence, soumises au vandalisme.
  • Pire, les techniciens les moins scrupuleux recourent à des pratiques carrément condamnables comme le fait de débrancher sauvagement une fibre au hasard pour raccorder un nouvel abonné pour lequel la prise prévue n’est pas disponible ou introuvable.

 

DU TRÈS HAUT DÉBIT MAIS PEU DE SERVICE

Quid du rétablissement en cas de coupure ?

Vous l’avez compris, la FTTH permet d’accéder au très haut débit à moindre coût mais cela implique d’accepter une part de risque. Le problème c’est que la FTTH peut subir des coupures pour les raisons que l’on a exposées et, en même temps, elle n’est soumise à aucune garantie de temps de rétablissement (GTR). Résultat, certains abonnés, dont des entreprises, peuvent rester sans connexion Internet pendant plusieurs jours.

➜ C’est là que l’on repose la question du bon calcul lorsque l’on se concentre sur le prix de l’abonnement mensuel.
A combien peut-on chiffrer un ralentissement ou une perte complète d’activité de plusieurs jours ?

D’autres caractéristiques à accepter pour les entreprises

Le débit de la FTTH n’est pas symétrique. Tout comme l’ADSL, le débit montant est plus important que le débit descendant. Cela ne pose pas de problème quand le débit est très bon. En revanche, lorsqu’il baisse,  cela peut entrainer des pertes de qualité, notamment pour des applications temps réelles types Voix sur IP ou Visioconférence. Il faut savoir qu'avec 100kbps  nécessaire pour une conversation, ce n'est pas la Voix sur IP qui va saturer la bande passante contrairement à l'upload de fichiers lourds par exemple. En revanche, c'est la voix qui va être impactée et potentiellement subir une perte de qualité (conversation hachée, temps de latence...) 

Oui, parce que, autre caractéristique qui a son importance, la FTTH n’offre généralement pas de débit minimum garanti. Cela peut donc descendre très très bas, au point de créer ce type de désagrément. 

Enfin, la FTTH ne permet pas non plus de mettre en place de la Quality of Service (QoS) qui consiste à séparer 2 types de flux sur un même lien et d’attribuer un pourcentage de la bande passante au flux voix et le reste au flux data par exemple.

 

LA FTTO, UNE OFFRE FIBRE CONSTRUITE POUR LES ENTREPRISES

 La FTTO est l’antithèse de la FTTH

La FTTO est une fibre réservée aux professionnels et entreprises. La fibre FTTO étant tirée directement entre le NRO et le local à raccorder, la bande passante accordée par l’opérateur au niveau du NRO est dédiée exclusivement à l’abonné. Il n’y a pas de mutualisation du débit comme avec la FTTH. Cette construction permet également d’isoler le lien des risques liés à la gestion et aux interventions sur les PMO. Il faut également savoir que les flux adressés aux liens FTTO sont priorisés sur les réseaux (backbone) des opérateurs. C'est une assurance de qualité en plus. 

Côté caractéristiques, elle offre un débit symétrique et garanti, elle bénéficie d’une GTR de 4 heures et permet la mise en place d’une QoS.

Quid du débit ?

Le débit de la FTTO est souvent moins élevé que le débit théorique de la FTTH mais comme on l’a dit, il a l’avantage d’être garanti. Lorsqu’on choisit une FTTO, on sélectionne le débit accordé par le lien en fonction des besoins de l’entreprise. C’est d’ailleurs en faisant l’exercice d’évaluation des besoins que l’on se rend compte, généralement, que les besoins en bande passante d’une organisation sont très inférieurs aux niveaux de débits (au-delà du giga) vantés par les opérateurs.

La qualité de service a un prix

La FTTO est plus chère que la FTTH, qu’il s’agisse des frais de mise en service et du coût d’abonnement, mais comme on vient de le voir, ces deux services n’ont rien à voir. La FTTO est sécurisante pour l’activité de votre entreprise quand la FTTH est un pari qui peut coûter cher lorsque vous perdez !

Après, le prix de la FTTO dépend du débit garanti auquel le client souscrit. En évaluant les besoins, il est ainsi fréquent de réaliser qu’il n’est pas nécessaire de souscrire à plusieurs centaines de Mb/s pour profiter d’une connexion fluide. Cela permet de bénéficier de prix tout à fait raisonnables, d’autant plus que les prix de la FTTO tendent à baisser (de l'ordre de -20% en 2023).

 

FTTH / FTTO, LE TABLEAU COMPARATIF

FTTHFTTO
Fiber to the...
...Home
...Office
Type
mutulisée
dédiée
Débit
asymétrique
symétrique
Débit garanti ?
non
oui
GTR
aucune
4h
QoS
non
oui
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